Avant de partir : le vent décide de cette sortie, alors vérifiez d'abord la direction du vent en direct sur notre page météo de la Costa del Sol. Un vent d'est et un vent d'ouest vous envoient aux deux extrémités opposées de la côte.
Deux fois par an, une bande de côte à environ une heure de route de notre appartement devient l'un des endroits les plus fréquentés de la planète pour les oiseaux. Pas fréquenté au sens de « un peu plus que d'habitude ». Fréquenté au sens où la Fundación Migres, la fondation de recherche qui les recense, a comptabilisé 589 000 oiseaux planeurs en transit en 2024, et il s'agissait d'une bonne année, pas d'une anomalie.
La plupart des personnes en séjour sur cette côte en septembre n'ont aucune idée que cela se passe au-dessus de leur tête. C'est gratuit, cela ne nécessite aucune réservation, et le bon jour, c'est l'heure la plus mémorable d'un séjour ici.
Pourquoi un demi-million d'oiseaux se concentrent dans un seul passage
L'explication est mécanique, et une fois qu'on la connaît, tout s'éclaire.
Les grands oiseaux ne migrent pas comme les petits. Une fauvette peut battre des ailes au-dessus de l'eau libre toute la nuit. Une cigogne ou un aigle est bien trop lourd pour cela : il voyage donc en planant. Il trouve une ascendance thermique, une colonne d'air chaud qui s'élève d'un sol réchauffé par le soleil, y tourne en montant jusqu'à une hauteur suffisante, puis se détache et plane sur plusieurs kilomètres en perdant de l'altitude, jusqu'à trouver la thermique suivante et recommencer. L'oiseau bat à peine des ailes. C'est une manière très efficace de traverser un continent, presque sans dépense d'énergie.
Le problème, c'est que les thermiques se forment au-dessus de la terre, pas au-dessus de l'eau. La mer ne réchauffe pas l'air de la même façon. Pour un oiseau planeur, l'eau libre est donc un obstacle qu'il doit franchir en un seul long plané, sans pouvoir regagner de l'altitude avant d'atteindre l'autre rive.
Cela transforme toute la Méditerranée en un mur percé de deux portes, et celle-ci est la porte occidentale. Le détroit de Gibraltar se resserre à environ 14 km à son point le plus étroit, assez proche pour qu'un oiseau puisse monter haut côté espagnol et planer jusqu'au Maroc. Tout ce qui plane entre l'Europe occidentale et l'Afrique se retrouve comprimé dans ce passage.
Postez-vous sur une colline au-dessus de Tarifa fin septembre, et vous vous tenez dans l'embrasure de la porte.
Qui traverse, et quand
Une trentaine d'espèces d'oiseaux planeurs traversent régulièrement le détroit. Deux dominent en nombre : la cigogne blanche et le milan noir, chacune dépassant les 100 000 individus.
Les cigognes sont celles qui convertissent les non-initiés. Elles voyagent en immenses vols lâches, et quand un groupe trouve une ascendance thermique, il s'empile tout entier dans une colonne tournante et lente, parfois plusieurs centaines d'oiseaux tournant ensemble dans le même sens. Les ornithologues appellent cela une spirale. On dirait que le ciel se met à tourner.
Au-delà de ces deux-là, le cortège habituel comprend :
- Bondrées apivores, par dizaines de milliers, avec un passage réputé pour sa concentration
- Circaètes Jean-le-Blanc, souvent immobiles dans le ciel en pleine chasse aux serpents
- Aigles bottés, en phase claire et en phase sombre
- Vautours percnoptères et vautours fauves
- Cigognes noires, bien plus rares que les blanches, une vraie trouvaille
- Éperviers, busards, balbuzards et faucons crécerellettes
Deux passages par an, en sens opposés :
| Passage | Mois | Direction | Remarques |
|---|---|---|---|
| Automne (post-nuptial) | Mi-juillet à mi-octobre | Europe → Afrique | Le plus important en volume. Le cœur du passage se situe entre fin août et début octobre |
| Printemps (prénuptial) | Février à mai | Afrique → Europe | Mars est le mois de pointe pour les rapaces |
| Derniers vautours fauves | Mi-octobre à fin novembre | Vers le sud | Les jeunes vautours fauves partent en dernier, après le gros de la vague |
Le moment de la journée compte autant que le mois. Les oiseaux ont besoin du soleil pour former des thermiques avant de pouvoir grimper, donc pas de ruée à l'aube. L'activité augmente généralement entre 10h et midi, avec une seconde poussée en fin d'après-midi. Faire la grasse matinée ne pose aucun problème ici.
Ce qui décide de votre journée : lisez le vent
C'est le repère local qui fait la différence entre une bonne journée et un trajet pour rien, et c'est pourquoi l'introduction vous invite à vérifier la météo avant tout.
Les oiseaux planeurs qui traversent le détroit dérivent avec le vent. Ils ne suivent pas une ligne fixe : ils planent à travers une masse d'air en mouvement, et se retrouvent donc là où le vent les emmène. Les deux vents qui comptent ici sont les mêmes qui font de Tarifa une destination kitesurf : le levante, qui vient de l'est, et le poniente, qui vient de l'ouest.
| Vent | Dérive des oiseaux | Aller vers |
|---|---|---|
| Levante (est) | Vers l'ouest | Tarifa, Cazalla, et les jours de vent fort jusqu'à Bolonia |
| Poniente (ouest) | Vers l'est | Punta Carnero, le Rocher de Gibraltar, et nos propres sierras côtières |
| Calme / faible | Nulle part en particulier | Tarifa. Les oiseaux se concentrent au point de passage le plus étroit |
Inversez cette règle et vous pourriez passer une matinée sur une colline déserte pendant que tout le passage défile sur une crête à 30 km de là. Respectez-la et les oiseaux passeront au-dessus de votre tête.
La conséquence pratique pour qui séjourne ici : un jour de poniente est un jour local. Inutile d'aller jusqu'à Tarifa.
Où observer : les principaux sites
| Site | Depuis Sabinillas | Meilleur vent | Remarques |
|---|---|---|---|
| Mirador de Cazalla (Tarifa) | ~60 km, ~55 min | Levante léger ou calme | Le site phare. Gratuit, parking, toilettes |
| Algarrobo (Tarifa) | ~65 km, ~1 h | Levante | Le second poste de comptage officiel de Migres |
| Punta Carnero (Algésiras) | ~45 km, ~45 min | Poniente | Site en promontoire, oiseaux à basse altitude |
| Upper Rock, Gibraltar | ~30 min + frontière | Poniente | Observatoire de Jews' Gate, plus les singes |
| Sierra Crestellina (Casares) | ~20 min | Poniente | De loin le plus proche, vautours résidents |
Mirador de Cazalla, Tarifa
L'observatoire public principal, au km 87 de la N-340 juste avant Tarifa, et l'un des deux points depuis lesquels la Fundación Migres effectue ses comptages quotidiens. Il a ouvert en 2016 et a accueilli plus de 13 000 visiteurs en 2023 : c'est donc un vrai équipement, pas une simple aire d'arrêt, avec plateforme d'observation, parking, toilettes et accès gratuit. Il fonctionne mieux par temps calme ou par levante léger à modéré.
Depuis Sabinillas, comptez environ 60 km et un peu moins d'une heure ; vous pouvez faire tout le trajet sans péage par l'A-7 puis la N-340, la même route que décrit notre guide de la journée à Tarifa. L'itinéraire le plus rapide passe par un péage ; la version gratuite coûte environ six minutes de plus.
Bon à savoir : la saison recommandée ici couvre pratiquement toute l'année, sauf juin et décembre, les deux mois creux entre les passages.
Gibraltar et l'Upper Rock
Par vent d'ouest, les oiseaux s'accumulent à cette extrémité du détroit, et le Rocher devient l'endroit où être. La Gibraltar Ornithological & Natural History Society tient une station de baguage et un centre d'observation de terrain à Jews' Gate, dans l'Upper Rock Nature Reserve, avec des séances de baguage les jours propices de février à juin puis d'août à novembre. Les visiteurs sont les bienvenus et des guides peuvent être organisés.
Cela se combine aussi facilement avec une journée classique à Gibraltar, puisque vous êtes déjà sur le Rocher pour voir les macaques de Barbarie. Prévoyez du temps pour la frontière dans tous les cas ; notre guide du passage de la frontière détaille tout cela.
L'option la plus proche : les sierras derrière Casares
C'est le détail qui surprend le plus nos hôtes : vous vivez déjà sous ce couloir de migration.
La Diputación de Málaga recense les sierras côtières de la province, dont la Sierra Crestellina au-dessus de Casares et la Sierra Bermeja, comme d'excellents points de vue pour observer la migration post-nuptiale, en particulier les jours de vent d'ouest dominant. Cela représente 20 minutes de route dans les terres, pas une heure dans chaque sens.
La Sierra Crestellina est un espace naturel protégé (paraje natural) et une zone de protection des oiseaux Natura 2000 ; elle abrite la plus grande colonie de vautours fauves de la province de Málaga, l'un des trois seuls noyaux reproducteurs de la province. Cela signifie qu'il y a de grands oiseaux dans le ciel au-dessus de Casares presque toute l'année, migration ou non. Une aire d'arrêt sur l'A-377, après Venta La Laguna en direction de Gaucín, offre une vue directe sur les falaises à vautours du versant ouest. Depuis le refuge de la Sierra Crestellina, vous pouvez rejoindre le Mirador de la Cosalba, qui domine Casares et regarde vers le Campo de Gibraltar.
Si vous préférez marcher plutôt que vous garer, le circuit de la Crestellina depuis Casares est détaillé dans notre guide de randonnée de la Sierra Bermeja, et le volet village de la journée, parking et déjeuner compris, se trouve dans notre guide du village blanc de Casares.
Quoi emporter, et ce dont vous n'avez pas besoin
Vous n'avez besoin que de très peu de choses.
- Des jumelles, si vous en avez. Pas indispensables pour les cigognes, mais elles changent tout pour le reste. Aucune longue-vue n'est nécessaire
- Une protection solaire, un chapeau et de l'eau. Chaque point d'observation ici est une colline dégagée sans ombre, et vous regarderez vers le ciel pendant une heure
- Une couche coupe-vent. Le levante peut souffler fort et froid, même en septembre
- De la patience, par tranches d'environ une heure. Le passage arrive par vagues, pas en flux continu
Vous n'avez besoin ni d'affût, ni de guide, ni de permis, ni de réservation. Les observatoires sont gratuits et ouverts à tous. Des sorties guidées existent, et les opérateurs spécialisés autour de Tarifa sont de vrais experts, mais personne n'en a besoin pour se poster à Cazalla et regarder le ciel.
Ce qu'il faut savoir sur les jours calmes
Certains jours, il ne se passe pas grand-chose. Un vent contraire fort, un ciel couvert sans thermiques, ou simplement la mauvaise semaine, et vous verrez une poignée d'oiseaux pour beaucoup de ciel. Personne ne peut vous promettre une spirale de 300 cigognes le matin où vous serez justement libre.
Vos chances s'améliorent nettement si vous faites trois choses : venir dans la période clé de fin août à début octobre, vérifier la direction du vent avant de choisir entre Tarifa et Casares, et arriver en fin de matinée plutôt qu'à l'aube. En suivant ces conseils, une journée blanche devient l'exception.
Il vaut aussi la peine de cadrer vos attentes sur l'échelle. Les oiseaux sont souvent très haut, et des cigognes en altitude ressemblent à des grains de riz. Le spectacle ici tient au nombre et au mouvement, un ciel qui ne reste jamais immobile, plutôt qu'à des vues rapprochées d'individus. Si vous cherchez la faune à portée de main, les sorties dauphins depuis La Duquesa l'offrent de façon bien plus fiable.
Organiser sa journée depuis Sabinillas
Deux façons naturelles d'organiser cette journée :
La journée Tarifa (levante ou calme). Partez vers 9h, soyez à Cazalla pour 10h, observez jusqu'en fin de matinée, puis descendez à Tarifa pour déjeuner dans la vieille ville et passer l'après-midi sur la plage de Los Lances ou à Bolonia. De retour en début de soirée. Cela se combine avec tout ce que propose notre guide de Tarifa.
La journée locale (poniente). Une version bien plus courte. Montez à Casares en fin de matinée, observez depuis l'aire d'arrêt de l'A-377 ou parcourez une partie du circuit de la Crestellina, déjeunez au village, et soyez de retour à la plage en milieu d'après-midi.
L'automne est, sans grand bruit, la meilleure saison de cette côte pour ce genre d'activité. La mer est encore chaude de l'été, la foule est partie, la lumière est plus belle pour les photos, et les tarifs baissent nettement par rapport au pic de juillet-août : octobre passe à notre tarif de moyenne saison, et à partir de novembre au tarif basse saison, à partir de 110 € la nuit. La migration se poursuit pendant toute cette période.
Si vous hésitez encore sur la période, notre guide météo mois par mois détaille à quoi ressemblent septembre et octobre ici, et vous pouvez vérifier les dates et les prix pour le passage automnal dès que vous êtes prêt. Nos hôtes sont toujours les bienvenus pour demander de quel côté souffle le vent avant de partir ; c'est la seule question qui décide de toute la journée.

Séjournez directement sur la plage
Le sable est à 30 secondes de la porte, et le balcon donne directement sur la mer. Réservez en direct et économisez jusqu'à 20 %.
- 3 chambres
- 6 voyageurs
- 96 m²
Questions fréquentes
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